Ce qu'une plaque subit réellement dans un cimetière
Avant de comparer des matériaux, il faut savoir à quoi ils sont soumis. Une plaque posée en extérieur traverse chaque année des cycles de gel et de dégel qui font travailler les pores de la pierre, des étés à plus de 40 °C au soleil direct, des pluies chargées, des mousses et des lichens, des nettoyages parfois énergiques, et près du littoral un air salin qui attaque les métaux.
Un matériau qui tient bien en intérieur ne tient pas forcément dehors. C'est la principale source de déception.
Le granit
C'est la pierre du monument funéraire moderne, et pour de bonnes raisons : elle est dense, peu poreuse, quasiment insensible au gel et aux intempéries, et elle se décline en de nombreuses teintes. Elle supporte la gravure, qui reste lisible très longtemps.
Sa limite tient à l'image. Une photographie gravée dans le granit est un tramage de points creusés dans la pierre : de loin l'effet fonctionne, de près le visage se dissout. Le granit excelle pour un nom, des dates et un motif, moins pour un portrait. C'est d'ailleurs pour cela qu'il sert le plus souvent de support : nos socles et nos supports sont en granit poli, et reçoivent une porcelaine.
Le marbre
Le marbre est beau, et c'est une tradition ancienne. C'est aussi une roche calcaire, donc poreuse et sensible aux acides. En extérieur, il se pique de taches, se voile, retient les mousses et souffre de la pluie chargée. Il demande un entretien régulier pour garder son éclat, là où le granit n'en demande presque aucun.
Le marbre reste un excellent choix dans un caveau, une chapelle ou un columbarium abrité. Sur une tombe en plein vent, il vieillit plus vite que sa réputation ne le laisse croire.
L'acier inoxydable et l'aluminium
Ces métaux sont légers, résistants aux chocs et peu coûteux. Leur problème n'est pas le support mais l'impression déposée dessus : l'image est déposée en surface, puis protégée par un vernis ou un film. Or c'est toujours la couche de protection qui lâche la première. Elle jaunit sous les UV, se micro-fissure au gel, laisse passer l'humidité, et l'image se dégrade par en dessous sans recours possible.
En bord de mer, l'inox d'entrée de gamme se pique également.
La porcelaine émaillée
La porcelaine se distingue par un point de principe : il n'y a rien à protéger. Les pigments céramiques fusionnent avec l'émail au cours d'une cuisson à 900 °C. L'image n'est pas posée sur la matière, elle en fait partie. Il n'existe donc aucune couche susceptible de se décoller, de jaunir ou de se soulever.
C'est aussi le seul matériau qui restitue une photographie avec ses nuances réelles, en couleur, en sépia ou en noir et blanc. Sa seule vraie limite est la casse sous un choc violent et direct, ce qui reste rare une fois la plaque posée à l'abri des passages.
Tableau comparatif
| Matériau | Tenue au gel | Tenue aux UV | Entretien | Rendu d'une photo |
|---|---|---|---|---|
| Granit | excellente | excellente | très faible | médiocre, gravure tramée |
| Marbre | moyenne | bonne | régulier | médiocre, gravure tramée |
| Acier, aluminium | bonne | faible, le vernis jaunit | faible | bon au départ, se dégrade |
| Porcelaine émaillée | excellente | excellente | nul | excellent et stable |
Comment choisir sans se tromper ?
La question utile n'est pas « quel est le meilleur matériau », mais « qu'est-ce que je veux voir dans dix ans ».
Si l'essentiel est le nom et les dates, la pierre du monument suffit, et le granit est le choix évident. Si l'essentiel est le visage, il faut un matériau qui rende la photographie et qui la conserve : la porcelaine émaillée est aujourd'hui la seule solution à réunir les deux.
Une dernière question à poser à n'importe quel fournisseur, et qui départage vite : l'image est-elle cuite dans la matière, ou déposée dessus puis protégée ? Toutes les autres réponses découlent de celle-là.
Pour le matériau du médaillon lui-même, distinct de celui de la plaque, nous détaillons les types de médaillons funéraires dans un article dédié.